dimanche 15 juin 2014

Introduction au studio Sound City

Il est des lieux magiques. D'abord naturels. Nés du croisement heureux de quelques racines, de courants telluriques, de champs magnétiques. Une source secrète, un cercle de champignons, un rocher que l'érosion a taillé pour que, sous une certaine lumière, il évoque le visage de quelque divinité. 

Puis l'homme est venu pour voir ces miracles, mais aussi pour installer lui-même de nouveaux lieux magiques, parfois par dessus ceux pré-existants : alignements de pierres, templum délimités par quatre palissades, peintures rupestres. Peu à peu, au fil des siècles, il est devenu plus industrieux, taillant la roche, élevant des colonnes, des basiliques... Enfin vinrent les poutres d'acier et les boulons, le charbon et la suie à travers laquelle on ne voit même plus le soleil, mais au milieu jaillit tout de même une fée... Électricité qui permit de nouveaux miracles, dans de nouveaux temples où officient de nouveaux génies, dans des réseaux de câbles reliés à des ensembles de manettes et boutons dont les combinaisons possibles sont aussi ésotériques que le manuscrit deVoynich au non-initié qui les regarde mais en décèle le potentiel magique.

La musique "est un miracle", écrivait l'auteur allemand Heinrich Heine. "Elle est entre la pensée et le phénomène : comme une médiatrice crépusculaire, elle plane entre l’esprit et la matière, apparentée à tous deux, et pourtant différente de tous deux." Et ce miracle s'est répandu depuis à travers ondes électromagnétiques et systèmes électriques. Mais, pour cela, il a besoin d'un berceau, d'une matrice pour se matérialiser une fois sorti des esprits de ses créateurs. Un temple dont les murs, en eux-mêmes, importent peu. Seules comptent les merveilles qui s'y produisent, échauffant l'imagination des fidèles en attendant de recevoir entre leurs mains les artefacts de légende dans lesquels flottent un peu d'âme de ces cabinets de thaumaturgie qu'on appelle communément "studios d'enregistrement". Si leurs noms restent souvent ignorés, cachés derrière les œuvres qui en ont jailli, d'autres deviennent des lieux culte au même titre que les disques qui y ont pris corps.

Le studio Sound City est un de ces lieux magiques où certaines racines du rock se croisent, où les plaques tectoniques musicales s'entrechoquent faisant jaillir des sommets, où se taille sur bande analogique un peu du visage de la divinité ici adorée.

Bonsoir et bienvenue pour ce nouveau numéro des G-Spots !

Réécouter l'émission.

lundi 2 juin 2014

dimanche 11 mai 2014

Podcast mai 2014 : Swamp Music (music from and inspired by the bayou)


Le marais, quoique peu engageant, est pourtant un vrai bouillon de vie, un pur bouillon de culture. Et donc de musique. (Re)découvrez notre émission autour des sons originaires ou inspirés par le bayou, les marais et autres étendues d'eaux stagnantes où l'on n'est jamais à l'abri d'être happé par le groove ou le grouik.


dimanche 4 mai 2014

Introduction à la musique du bayou (Swamp Music)



Ce soir, si vous sentez quelque chose glisser contre vos jambes, ce n'est pas – seulement – notre amour qui se glisse jusque vos... oreilles, mais plus probablement tortue alligator, brochet alligator ou, simplement, un alligator.

Ce soir, les G-Spots vous offrent une émission les pieds dans l'eau. Mais pas dans un lagon bleu. Plutôt dans les étendues stagnantes et troubles des marais et bayous de Louisiane, de Floride, entre Mississippi et Georgie et parfois bien plus loin. Alors, attention à vos orteils !

Quoique... la créature la plus dangereuse, la plus démoniaque ici, n'est pas forcément une bêtes aux mâchoires puissantes et à sang froid, guettant dans la vase. On raconte dans le bayou que le geai bleu travaille pour le Diable et qu'il descend tous les vendredis en Enfer pour apporter du bois au Vieux Nick pour que ça chauffe sous terre. C'est pour cela que dès midi ce jour-là, on ne l'entend plus, ce bruyant passereau, dans les marais. Mais dès le samedi, on n'entend plus que lui chanter tant il est heureux d'être de retour  à la surface.

Mais, dans l'enfer vert, ça chauffe et ça chante aussi. Et si le Diable n'est pas toujours étranger à cette ambiance, c'est surtout cet écrin humide qui conditionne un climat culturel et musical. D’obstacle naturel à surmonter, le marais et ses habitants sont devenus le sujet et le cadre de chansons d'une musique qui prend son nom pour l'honorer et parfois pour le protéger.

Bonsoir et bienvenue pour ce nouvel épisode des G-Spots spécial Swamp Music ! Welcome to the bayou !