Ô combien de fois l'avons-nous répété ! Le sujet des reprises et autres "grands détournements" est inépuisable pour la simple raison que chaque fois qu'un groupe nait il commence naturellement par apprendre à se connaître, forger ses premières armes, à travers une ou plusieurs reprises, et que même un groupe avec du vécu en vient souvent, presque fatalement, à vouloir rendre hommage à ses premières influences, sur scène ou sur disque, avec une petite cover. C'est sans limite.
Pourtant, s'il y a bien un groupe qui pouvait se dispenser d'en passer par là, c'est certainement RUSH, connu pour bien des choses sauf pour son art de la reprise. Et pour cause : en plus de quarante ans d'existence (et presque tout ce temps sans changement de musiciens !), les reprises dues aux proggeux canadiens sont à peu près aussi rares que les caries dans la bouche d'un nouveau-né. A peine un petit coup de Buddy Holly sur leur premier single en 1973 ou de Larry Williams en live entre 73 et 74 (citons tout de même en passant la reprise partielle de "Powerhouse" de Raymond Scott dans le classique "La Villa Strangiato") sont répertoriés avant une carrière qui peut s'appuyer fermement sur les talents de compositeurs du trio Lee / Lifeson / Peart. Pas besoin d'aller fouiller dans le répertoire des autres avec ça !

