mercredi 12 novembre 2014

Various Positions : De l'Amour à la Mort il n'y a qu'un pas


Histoire de boucler la boucle de ce cycle Eros & Thanatos et de rebondir allègrement sur l'expression de notre cher Sergent Fractal "de la petite mort à la mort", nous allons ici nous attarder sur l'artiste contemporain ayant le mieux parlé de religion, d'amour et de mort.

Tamisez les lumières et laissez vous guider : here comes Leonard Cohen.



Grand monsieur de la musique, de la poésie et de l'expression artistique en général, on ne présente plus cet artiste qui n'a eu de cesse au long d'une carrière très prolifique d'interroger les liens entre le désir, la foi et la sexualité amoureuse ou non.


Avec ces thèmes qui se mélangent naturellement dans nos sociétés de traditions latines, où le désir du corps ne peut être vécu qu'en opposition à l'âme, au domaine du sacré, Leonard Cohen met en avant sa propre foi dans le judaïsme pour écrire la chanson d'amour la plus inspirée de ce siècle.





"Hallelujah", c'est l'intonation désespérée du croyant sincère qui interpelle son Dieu, c'est le cri de l'amant non aimé en retour. Ce sont aussi quatre syllabes propices à la volupté de deux amants enchevêtrés en faisant l'amour.


Avec une vision de la sexualité qui peut aller de paire avec une foi personnelle, lettrée et sincère en toute forme de religion, Cohen boucle en quelque sorte la boucle en reprenant la prière "Unetaneh Tokef" liée aux fêtes de Yom Kippour dans sa chanson "Who By Fire".


Ode à la soumission divine et dans le même temps à la soumission affective présente dans toute relation humaine, Cohen signe ici une interprétation qui touche au sacré et au sacrifice, empreinte de volupté et d'Absolu, qui touchera à son paroxysme avec "If It Be Your Will", prouvant que décidément, de l'amour à la mort il n'y a qu'un pas.