lundi 31 août 2015

C'est lundi, c'est la reprise : Beatles Vs Rolling Stones


C'est vrai, faire un duel Beatles / Rolling Stones, c'est un peu débarquer avec 50 ans de retard, c'est un peu mettre de l'huile sur les cendres froides d'un feu allumé par des journalistes qui avaient besoin de remplir des colonnes à vendre en créant une opposition qui n'a jamais réellement existé, surtout entre les deux groupes eux-mêmes... Alors pourquoi pas plutôt un duel prog rock contre heavy metal, Pink Floyd versus Lemmy, ou plus précisément David Gilmour contre Motörhead.

Les deux ont dévoilé chacun la semaine dernière leur version d'un morceau des groupes marquants de leur jeunesse et, étonnamment, ce n'est pas le plus grand fan des Beatles connu parmi les rockeurs à chapeau et moustache en guidon de vélo qui s'est saisi d'une chanson des Fab Four.

Alors certes, ces deux compétiteurs partent chacun avec un léger handicap pour faire pencher la balance en sa faveur. L'un vient de sortir un nouvel album qui n'a en soi, comme tout album de Motörhead depuis longtemps, rien de bien neuf dans sa formule si ce n'est de contenir une reprise que Lemmy n'hésite pas à juger supérieure à l'originale (bim !) et de débarquer en pleine série de concerts annulés pour raison de santé fragile du leader de la bande, offrant à qui veut le voir la sensation que ce manque d'énergie est flagrant sur ce nouvel album. Libre à chacun de juger de tout cela. C'est Motörhead, ils font du rock'n'roll et le font toujours aussi bien, diminuer le rythme peut être un choix artistique et cette reprise n'aura jamais plus d'importance que l'originale dans l'histoire du rock, voilà des faits. Voilà du son...


L'autre va bientôt sortir son nouvel album solo (après un album quasi instrumental et tout autant dispensable de Pink Floyd) avec pour morceau-titre une broderie ayant pour canevas le thème musical de la SNCF. Là encore, choix artistique, tout-ça-tout-ça... sauf côté SNCF et Sony Music qui en profitent pour faire des affaires ensemble et proposer aux voyageurs de télécharger gratos (c'est gentil) le morceau avec le-dit jingle qui passe en boucle et que chaque usager régulier de la société de transport française a appris à détester (moins gentil).

Enfin, Gilmour a quand même autre chose à faire que d'attendre que son train de 16h12 avec 45 minutes de retard arrive en gare et sort aussi, plus discrètement, une compilation intitulée David Gilmour And Friends (ses amis ayant pour nom Phil Manzarek, Steven Wilson, Crosby & Nash, etc.) offerte avec le magazine Mojo et sur laquelle se trouve une reprise d'un titre de l'album Revolver des Beatles, "Here, There And Everywhere" avec son fils Joe pour l'accompagner. Une reprise sans prétention, très fidèle à l'originale, un hommage simple à un groupe qui lui a tant appris.


Cet article poursuit le thème de nos émissions spéciales Grands Détournements.